vendredi 28 novembre 2014

J 9 Pheriche (4250 m) Lobuche (4930m)

Arrivée tardive car quelques petits problème de vie intérieure (gastro intestinaux essentiellement) nous ont retardé. Nos amis canadien sont restés à Pheriche.
Nous sommes tous arrivée à Lobuche en passant par l'altitude du Mont Blanc!
Demain le Kala Pattar.
Je vous raconterai demain cette journée. Il est tard.
Ciel étoilé sur le Nupse (> 7000 m), ça serre, il fait froid, mais petit à petit tous le monde maîtrise cet univers...et y prend plaisir.

Bises à demain

Je reprend donc.
Après avoir laissé nos canadiens, nous remontons la vallée en obliquant nettement vers l'est.
Paysage glaciaire, nous remontons le glacier du Khumbu. Amas de glace recouvert de pierre, nous cheminons le long de sa moraine au soleil. On s'approche ...
Céline souffre plus que nous à l'approche des 4900 m. Elle est très essoufflée.  Elle est trés essoufflée. Mickaël a très mal de tête. Nous arrivons à notre lodge "Alpine", le soleil se cache déjà, le Nupsé s'enflamme. Les cheminées fument et parfument le village à la bouse de yack (combustible sec). Il n'y a pas d'arbre ici.
Chacun retrouve sa chambre. Tout est bien rodé. Les porteurs déposent nos sacs devant nos chambre.
Tea Time.
Pas de cours ce soir: "Un bon trek vaut mieux qu'un bon cours!"
Céline et Michael nous inquiètent. On est à 4900 m d'altitude et 50% d'oxygène en moins. Il faut les caissoner. Un caisson ressemble à un long cigare étanche dans lequel on s'allonge. A l'extérieur, on pompe pour mettre en pression et donc faire "descendre" fictivement la personne de 1500 m d'altitude. Elle respire mieux, il a plus mal de tête. Après une séance de une heure chacun, ils vont mieux, mais ils ne doivent plus monter en altitude. Déception et deuxième séance pour Céline avant la nuit. Tous le monde participe et des tours de surveillance pour pomper au cas ou!
Efficace. Dans deux jours, il seront, en pleine forme au camp de base de l'Amadablan (4800 m). Acclimatation, quand tu nous tient....

J 8 Pangboche (3960m) Pheriche (4250 m)

Il fait froid ce soir pour écrire. Il doit faire pas loin de moins 15 degré dehors. On a réussit à avoir une connexion internet. Donc c'est cool, on a pu envoyer les récits de voyage des 3 derniers jours.
Petite étape aujourd'hui encore.
Ce matin, réveil dans notre confortable lodge. Pour nous, vue les conditions, tout peut paraître confortable mais la, c'était vraiment bien. En plus, tous le monde est en forme.
Les brumes étagées laissent apparaître par lambeau des pans de montagnes déjà éclairées par le soleil naissant.





Je me sens bien, je ne suis pas malade et comme les madeleines de Proust, mes anciennes références de vie à la montagne reviennent. Cela me semble familier. Et je me sens bien ici.
Même pas froid! Et dans l'ensemble tous le monde le vit bien aussi. Les équipements de métropole et de kathmandu fonctionnent.
La petite colonne se met en route maintenant. Comme tous les matins. La routine s'installe. Sac bouclés avant le petit déjeuner, pour que les porteurs puissent partir au devant de nous.
Les hautes cimes sont déjà illuminés; Nous partons vers le haut, bien sur. L'Amadablan à droite, le Lhotse devant masque l'Everest.
Nous progressons dans un sentiers moins escarpé, c'est plus une prairie avec une rivière au milieu. A mesure que nous montons, le vent forcit. Les Gore Tex sont de sortie.
Et ça papote, ça papote et on progresse au soleil vers un col dans un paysage magnifique.
Séance photos au col devant les Seigneurs de l'Himalaya. Les drapeaux flottent au vent et portent les prières au dieux. Ce matin, il y a du réseau, le vent est très fort!
On progresse tranquillement. Chacun se teste un peu à l'altitude. Pas trop d'essoufflement, le coeur bat pas trop vite...On dépasse pas les yacks, les yacks ne nous dépassent pas non plus. On est à la bonne vitesse.
Rapidement, Phériche se dessine au loin sur le plateau glacière bordé d'une multitudes de pics de plus de 6000 m. Au bout de la vallée, le Lobuche, massif rocheux couvert d'une énorme meringue! La semaine prochaine, François attaque son ascension, pendant que nous redescendrons.
Petite journée de marche, aujourd'hui, pour parfaire l'acclimatation.
On lézarde, au soleil, sur les banquettes de la grande salle à manger du gîte.
Ramou, découvre la magie des sculptures de glace: la stalactite, la stalagmite, le fond de cuvette de chiotte gelé, l'eau du broc pour rincer aussi.
Une grande après midi de glandouille commence, interrompue par la visite de l'hôpital de l'Himalayan Rescue Association. Un couple d'Australien, la cinquantaine font tourner la boutique durant la saison de mars à mai et de octobre à novembre. Ils soignent les trekkeurs et les népalais (porteurs, sherpa..). Matériel obsoléte parfois, ils sauvent des vies tous les jours...
La vie est dure la haut et dans 2 jour, ils ferment et vont retrouver le confort de leur vie en australie. Ici, ils vivent sans privilège. Six petit chiots népalaiss sont nés, elles nous les présentent. Vero, PAF, Anne Lise, Clara, Céline craquent et leurs font de gros calins...
Ce soir, quelques nausées, et maux de tête dans le groupe. On se soigne. On verra demain.
Nuit très froide en perspective. Je teste nu dans le duvet et tee shirt en haut + doudoune. Parfait....A part que à cause de l'altitude (l'hypoxie, on y revient. Ce soir 60% d'O2 par rapport au niveau de la mer.). Bref, on dort en pointillé. Repas 18h30, coucher 20h30, moi à 4 heures j'ai faim. Un Raider (il n'y a pas de Prince ici) et hop, redodo....
Bisous mes doudous .....Ce voyage laisse du temps pour penser, je vous oublie pas.



jeudi 27 novembre 2014

J 7: Phortse (3840) - Pangboche (3960)


Petite étape aujourd'hui. 3h de marche. Peu de dénivelé. On va passer la barre des 4000 m.
Nuit en pointillés. Mal de tête bien calmé par le doliprane. La nuit est longue. On est à 4000. Antoine a eu du mal aussi mais maître Stilnox l'a secouru. J'ose pas en prendre. La seule fois ou j'en ai pris, le lendemain j'avais le blues. Ca serait dommage ici, en aussi bonne compagnie. Bref. Patience, le jour se lève toujours.
On a pas été les seuls à aussi mal dormir, entre cauchemars, pipi nocturne par - 10°, dérangement intestinal par - 10° toujours...
Bon, on va pas se plaindre, hein!
Ce matin, presque tous le monde a le visage "bouffigue". Pas de point dans le MAM score mais c'est quand même la faute à l'altitude.
La bonne humeur est la, on rigole.
Il fait très froid ce matin; (j'enlève "trés", je le réserve pour plus tard sinon je vais être à cours de superlatifs dans quelques jours). Les champs entre les murets sont couverts de givre. La brume de vallée en dessous laisse voir les cimes enneigées au soleil.
P'tit dèj: Kfé,  pain tibétain et oeuf dur. J'aime le pain tibétain, ça a un peu le goût des "Churros" ou des merveilles pour les non hispaniques. De la taille d'une assiette, on le sucre, le sale, le tartine. C'est trop bon et surtout pas trop difficile à manger car la nausée n'est pas trop loin.
Départ à l'ombre, il fait encore froid. Ca fume par les museaux des yack.
On avance vers l'Amadablan. A flanc de montagne, les autres 6000 brillent au soleil. J'arrive toujours pas à retenir les noms, par contre Vero (Dora) est trop forte aujourd'hui. Elle me photographie aussi, c'est cool.
Sentier doux, à flanc de montagne, prairie brune partout jusqu'au rocs et glaces. Une succession de montées et descentes avec par endroit de magnifiques escaliers de pierre nous mènent vers Tengbonche. On croise des caravanes de yack. Ca papote, ça photographie, ça boit, ça mange une barre, ça se change de pantalon derrière les buissons (heureusement Olivier dans le rôle de l'arbuste touffus est la), ça fait pipi dans une bouteille (ici on peut pas partout, c'est sacré!), ça dit rien et quand tout le monde dit rien, il fait faim. Seul Ramou est en dedans. Il dit rien depuis longtemps. Il passe une journée difficile: mal de tête, pas faim, essoufflé, le coeur bat la chamade, yeux bouffis: 3 points MAM score. Ca va passer.
En queue de colonne, Vero et moi, on se refait les chansons "baba" de nos 15 ans: Maxime, Cat Stevens, America, la montagne de Jean Ferrat...Cool.
On arrive à Tangboche. Que c'est beau. Architecture Tibétaine. On assiste à une cérémonie au Temple; "O Mani pad me hum"....... ( à répéter à l'infini si vous voulez, c'est a voie de la sagesse....)
On rejoint le lodge "Everest view", d'où on peut voir ..... l'Amadablan... mais aussi toute la face sud du Lothse et le sommet de Sagar Matha, la tête du ciel. On reconnaît d'ici le pic sud à 8500 m, où Hillary a bivouaqué avec Tensing, puis le ressaut Hillary et la crête terminale toute enneigée. A mesure que je décrypte les contours de la montagne, je revis les récits qui m'ont bercés.
Cet après midi, repos, lessive, douche pour certains, petites emplettes (biscuits, barres, fruits sec et eau).
Assis dans l'herbe,contre un muret, au soleil, à l'abris du vent, il fait bon. Je somnole, mon esprit vagabonde. Echange, Sincérité, Chaleur. Des sensations d'avant me reviennent, de ma vie passée dans les montagnes. Lorsque je me relève, je vois l'Everest. Il me surprend. J'étais dans les Pyrénées. Je me sens bien. Je suis moi.
Ramou a récupéré après la sieste. Fin d'après midi tranquille.
Séance de caisson hypobare. Ca y est, on sait comment ça fonctionne. Le Yeti en est sorti nu!








Demain, montée encore tranquille. On parfait l'acclimatation. Bisous mes amours.


J 6: Namche Bazar (3440 m) - Phortse (3840 m)

J'écris, mais on est déjà demain. Fatigué hier soir, j'ai remis ça à aujourd'hui. Vous me suivez? Pas d'internet depuis 2 jours. Demain et les jours suivant, il y en aura... ......peut être!

Quelle bonne nuit et quel beau lodge! Le beau temps est avec nous. Nous partons après un raidillons sur les pentes au soleil. Le sentier court entre des murets sur la prairie rase. Les genévriers sont arbustes. On croise quelques caravanes d'un mix de vache et de yack qui portent et ravitaillent les camps, lodges, et boutiques. Quelques trekkeurs encore. Les grands sommets sont illuminés par le soleil du matin, déjà on enlève des épaisseurs. Les oignons enlève leurs pelures. Il fait chaud au soleil. On arrive à un col, ...., et on découvre une piste d'aéroport en herbe. Construite par les sherpas sous l'impulsion de Sir Edmund Hillary, elle ne servira que très peu car sa position à 3600 m d'altitude rendait les atterrissages périlleux et les passagers souffrait de mal des montagnes. Malgré tout, elle a servi à désenclaver le haut de la vallée du Khumbu et permit la construction d'école et d'hôpitaux (que l'on va visiter. Je vous rappelle que l'on est en formation :-). 
Faut dire que Edmund Hillary, qui gravit l'Everest le premier avec Tensing Sherpa en 1953, était un aventurier humaniste et grâce à l'association qu'il créa avec ses amis. L'Himalayan Trust Project vit toujours et soutien l'hôpital de Khunde. Et il a fait bien d'autres choses... Il vaut le coup de s'y intéressé. Je suis fan.
Malgré tout, aujourd'hui, la piste a repris du service, grâce à la tentative de décollage d'une partie des "montain's sixteen" (et oui, 5 de plus) sous le regard des autres non loin de la tour de contrôle.
Finalement..., on va continuer à pied.
Et la. Et la, au sortir d'un virage. L'Everest, le Lhotse, le Mera peack. Tous magnifiques, magiques. Toute une muraille de roc et de glace dans un ciel bleu foncé. L'endroit paisible de pâturage rassure face à ses montagnes impressionnantes. Photo de groupe. Mahendra, notre guide, maîtrise toutes les marques d'appareil photo...
Sur un plateau suspendu, avec Ramou, on partage le sentier, on arrive à Khunde. Un grand stupa en marque l'entrée. Pause Thé et  nous visitons l'hôpital de campagne. Le médecin, un natif de la vallée, tient la permanence 24H sur 24 avec un autre collègue. Un vrai boulot d'urgentiste, version loin de tout, et des accouchements avec césarienne de temps en temps. Un petit séjour, un mois par an, "en doublure" au début, ne ferait pas peur à quelques un d'entre nous.... Famille dans les bagages, bien sur. Le site et tellement beau et les gens gentils et accueillants.
En partant à travers le labyrinthe des murets du village, on parle d'Hillary avec Cathy. Elle est passionnée de livres et récits de montagne. Elle n'en est pas à son premier trek non plus. On échange notre admiration pour Edmund.
On continue vers Phortse et l'altitude se fait sentir, on passe les 3500 m. Je commence a avoir mal de tête. Je calme le pas. On marche suspendus à flanc de montagne, le soleil est la, le ciel d'un bleu profond et l'Amadablan apparaît. Walter Mitty m'accompagne dans les oreilles, c'est trop beau, je m'envole..
La petite colonne continue. A chaque pause, notre Dora l'exploratrice (Vero),sort sa carte et nous cite les différents sommets. Je vais bien finir par m'en rappeler. C'est infernal, j'y arrive pas!
Coup de mou avant d'arriver au dernier col à 3940 m. Plus d'eau, plus de barre...mais on est pas loin. Je suis à la queue de la troupe. Le photographe et ceux qui ont des flatulences sont souvent ensembles (n'est ce pas Buck?). A chaque arret-photo, la colonne s'éloigne, mais Tika le sherpa, celui qui porte le caisson, veille sur moi.
Repas et sieste au col. La plupart de la troupe dort sur un toit au soleil. Clara s'est même glissée sous une couette. Olivier s'est mis la tête dans sa cagoule. Tous les autres on le visage offert au soleil et la brise fraîche de l'altitude. Pas un bruit. Juste le cri des choucas et la rumeur de la Duhd Kosi. C'est bon.
Reste plus qu' une heure et demi de marche. On voit notre Lodge  à Phorse en face.
Descente style "Grand Bassin" sur 400 m et remontée sous une forêt d'arbre de genévrier et de rhododendrons. Le souffle est court, il faut vraiment y aller tranquille.
Le soir tombe déjà. Il fait froid.
Nous croisons des yack, magnifiques, impressionnants. Nous devons leur laisser le passage, sur ce chemin trop étroit. Puis c'est le face à face, Ramou ne peut pas grimper au mur, ni sauter dans le pré du dessous. Le Yack prend l'initiative, il passe à travers un muret, qu'il effondre et fuit dans le pré. Ramou warrior!
Petite soirée pour moi. Mal de tête, pas trop faim. Pas trop envie d'écrire, les doigts fourches sur les touches du clavier. MAM score: 3 points

Cours sur les avalanches ce soir. Dés les cinq premières minutes, je passe sous l'avalanche de fatigue. Je me réveille heureusement 35 minutes après, je suis réanimable, et pas en hypothermie. On est tous serrés, "avé les potes", sur la banquette de la salle à manger. Il fait pas chaud.

Brossage de dents sous les étoiles par - 5°c. Bonne nuit les petits...

J 5: Phakding (2610 m) - Namche Bazar (3440m

Boum, boum, boum. Il est 6h. Mahendra, notre guide, vient de taper à la porte. Je suis bien au chaud dans le duvet, il faut se lever. Marcher? Il fait froid, je suis tellement bien. "Ca va être beau, dans quelques jours tu auras pris le rythme, tu en redemandera" Je me répond OK. Je suis habillé.
Il fait grand beau. Le petit déjeuner, toasts-omelette passe bien. "Black tea or coffee? coffee. Danaibath" (merci). Les sherpas se succèdent autours de nous pour nous servir. Ils sont au petits soins avec nous. Ils nous guident et nous surveillent durant la marche. Il y en a toujours un qui ferme la marche. On sait jamais, si on se perdait; C'est grand ici!
Départ dans le village encore à l'ombre, le soleil touche déja les cimes des 6000 qui nous entourent. L'air est chargé  d'odeurs, mélange de feu de bois et de genévrier, plante sacrée. Des encensoirs posés sur le seuil des maisons fument. Les mauvais sorts fuient et n'osent pas suivre notre chemin. Toutes la troupe est en forme; les blagues et commentaires fusent déjà.
Nous cheminons, surplombant la rivière, montant et descendant une succession de ressauts. Ce matin, c'est presque plat, à 2700 m d'altitude, à travers des forêt de sapins et de genévriers. On sait que la partie difficile, c'est pour l'après midi. 750 m de dénivelé, un Maido quoi! Nous passons des ponts suspendus. Ramou est plus à l'aise. Avec son tee-shirt rouge, sa casquette et lunettes noires, on le prend pour un guide népalais! Céline fait des photos, babille avec les gamins, et trébuche aussi. Antoine et moi, on s'en souvient encore; d'une pichenette bien placée, l'avons rétablie!
Café au soleil après le repas, moment d'échanges.
Ça y est , il faut monter, la troupe repart. Anne Lise va passer pour la première fois la barre des 3000. Une hola sur le sentier, à l'ombre des pinèdes, salue l'exploit. Elle promet de payer sa tournée ce soir.
La montée est régulière, j'aime ça. Sans jamais m’essouffler (sinon ce soir, mal de tête. Il faut s'acclimater doucement au manque d'oxygène en altitude), je monte devant avec Vero et Guy. Enfin, plutôt avec moi même. Je les vois, mais je suis ailleurs. U2 dans les oreilles, mon esprit vagabonde.
Dommage il faut s'arrêter. Une mule à perdue une bouteille de gaz et son porteur re-harnache la marchandise. Il faut bien du gaz pour avoir des douche chaudes... De toutes façons, on est arrivé. Namche Bazar est la dans un large cirque, en terrasse. Une petite rivière descend, coupant le grand village en deux jusqu'à un temple dominé par l’œil de Bouddha. Les cimes des montagnes sont oranges sous le couchant.
Namche est un grand bazar. il y a des boutiques d'articles de montagne, de souvenir et tout ce qu'il faut pour y vivre. Je peux enfin retirer des roupies népalaises. Problème de carte à Kathmandou, la banque Poupel m'a fait crédit jusque la.
Notre Lodge ressemble à une Lamasserie. Tout en bois et pierres taillées. Magnifique. Nos chambres donnent sur une terrasse et domine le village. Magnifique couché de soleil.
Douche chaude, brûlante, surréaliste ici. Qu'est ce qu'on est bien.
Cours à 19h, sur le mal des montagnes. On descend avant boire un coup au village avant. Au Daphne. Le bar des suisses de la veille. Un bar d'un certain age sûrement, car recommandé par des gens d'un age certain pour sa bonne musique!
Surprise. Musique hard rock, billard, poêle à bois, voûte couverte de tee-shirts dédicacées par les Himalayistes de passages, déco et ambiance montagne. Scorpions succède à Phil collins. San Miguel, appelle San Miguel qui appelle San Miguel. Les chopes se choquent et s'entrechoquent dans les rires et les regards. Guy "notre professeur" résiste à nos tentative de corruption à la bière.
Il faut déjà repartir pour le cour du soir. On est pas arrivé à l'heure.

San Miguel, notre guide du moment nous a pas aidé. On s'est perdu dans le dédale des ruelles et après quelques raccourcis et demi-tours acrobatiques, nous voila en salle de cour (la salle à manger) où des visages déformés par l'altitude (Oedème Localisé de Haute Altitude) sont projetés sur le mur.
C'est peut être ce qui nous attend demain au réveil.....



lundi 24 novembre 2014

J 4: Vol Kathmandu-Lukla (2850 m) et Début du trek Lukla- Phakding (2610 m)
Réveil au aurore, ce matin. Un avion nous attend. Les sacs sont déjà prêts mais j'appréhende la pesée des bagages. J'ai quand même du laisser un kilo et demi de barre énergétique. Chocolat-banane et fruits rouges, pour les initiés. En fait, la bouffe c'est sécurisant.
Après un petit café, nous voila parti de notre palace peuplé de singes.
Kathmandu se réveille et déjà il y a du monde sur les routes dans la lueur des phares.
A l’aéroport, après un passage de sécurité cool, nos seize sacs rouges d'expédition sont alignés, devant la balance. Vient le passage de nos sacs à dos, que nous vidons avant la pesée... Finalement, j'aurais du prendre mes barres.
Attente de notre vol. Le 109. Numéro de la chance? Pour ce vol au ras des crêtes à l'approche de Lukla où les premiers sommets enneigés se dévoilent entre les brumes du matin. Everest, Cho Oyu et tant d'autres. Attérissage sans encombre. Quelques mains moites. Même pas peur. On dit au revoir à notre charmante hôtesse qui a fait son effet.
Rassemblement à la sortie de l'aéroport, entre les bagages, packs de San Miguel (encore elle) et les porteurs ou guides qui attendent leurs clients.
Nous retrouvons les nôtres autours d'un café ou d'un thé. Crémage à la Piz Buin (hummm, ca sent le ski) et chacun fait son sac de marche; les porteurs prennent le reste. Echanges autours de ce que l'on doit prendre. On est tous beau comme des camions, sorties du garage. Il y a même encore l'étiquette sur certains.
Nous partons à pied. Ca y est, plus de route. Le sentier est la, à travers le village de Lukla. Et il va nous mener jusqu'au pied de l'Everest.
On y est. Tout le monde est ravi, des sourires sur tous nos visages, des clins d'oeil entendus. Pas besoin de mot. La montagne est magnifique sous le soleil, il fait bon pour marcher.
C'est parti. A l'allure du yack. Sans s'essouffler. Nous croisons nos premiers murs de Mani et chortens. Mes premiers "O mani padme hum" se glisse entre mes lèvres, repris par un sherpa juste derrière moi, avec un large sourire. Je suis bien.
Tranquillement nous traversons notre premier pont suspendu qui balance au rythme de nos pas. Ramou fait l'équilibriste, Olivier joue avec les ondulations du pont...Pose au soleil, pour le repas autours d'un plat de pâtes et de pommes de terre sautées. Nous remontons la vallée creusée par les eaux de la Dudh Kosi, sous des couleurs de feuillage d'automne durant deux heures. Ca discute, ça pense, ça fait connaissance, ça photographie.... On rejoint Phakding. J'écoute Super's ready de Genesis (avant Phil Collins!). 
Déja la vallée est dans l'ombre, il fait froid, nous nous installons dans nos chambres au lodge.
Je suis avec Antoine. Ramou dort à coté avec François. Nos sacs sont déjà dans les chambres. les porteurs ont finis leur journée.
Premier cours sur l'environnement de l'altitude et l'influence sur nos "pauvres" petits corps, autours d'un thé et du poêle à bois de la salle à manger. Comme ça c'est parfait, sauf qu'au fond de la salle trône un écran plasma sur lequel tourne en boucle un documentaire sur le trek que nous faisons. Pareil, si ils nous le servent au petit déjeuner, on aura tout vu ou presque et on pourra rentrer!
Seul un couple de suisses présents apprécie. On lie connaissance. Le cours les a intéréssé, il nous échange l'adresse d'un bar à Namche Bazar où il y a de la bonne musique; le Daphné Bar. On verra!
Repas de Momo et de nems crudités arrosé avec du rhum népalais en guise de bienvenue. Pas mal! (lire maaaal, admiratif)
On est nombreux a étrenner nos doudounes et nos duvets ce soir. Anne Lise, sa doudoune veeeerte. Clara résiste, elle veut pas jouer tous ses jokers le premier soir. Elle a quand même mis ses chaussons en duvet. On prend le thé dehors. On est trop bien dans la plume. Il fait 6°c.
Séances de couchage, Ramou étrenne sont sacs. A t'il déjà dormi dans un duvet? Fou rire. On dirait une nymphe, pareil demain il sera transformé en papillon...
Au lit à neuf heures, réveil à six heures et demi pour rejoindre Namche Bazar. Couché, petit à petit, les bruits s'effacent, je crois que je suis le dernier éveillé. je suis bien dans mon duvet. On entend la rumeur de la rivière au loin...



dimanche 23 novembre 2014

J 3 Kathmandu

Quelle bonne nuit! Des drap tout doux, un peu frais dans la chambre. Parfait sous la couette. Je partage la chambre avec Antoine. On s'entend bien mais ça faisait longtemps qu'on ne  faisait pas quelque chose ensemble. A part des soirées bien sur...
Pour le coup on va faire un sacré truc!
Hier soir, j'ai fait mon maximum pour manger "métro". Je repousse au maximum l'immersion dans la cuisine népalaise. On mange bien au Népal, mais je ressens une appréhension avec une pointe de nausée. Surprenant? Je pense que c'est à cause de ma tourista du treck aux Annapurnas, il y a 2 ans et cette nausée qui ne m'avait pas quitté jusqu'au retour à Kathmandou. Hier, la simple odeur à l'approche de la cuisine m'a fait revenir une pointe de nausée. Ce soir, je suis rassuré,elle n'est pas revenue....
Ce matin donc, un bon breakfast, avec eggs and bacon et tout et tout. Puis RDV 9h30, une navette nous attendais pour rejoindre Thamel, le quartier où se succèdent des centaines de boutiques, où on trouve tout pour s'équiper à "my best price" mais aussi les souvenirs et équipements photo. Chacun devait compléter sa liste, mais le meilleur c'était Olivier. Il tenait sa liste "officielle" de Tirawa (notre agence de trek) dans la main, et rayait à mesure qu'il achetait gants, doudoune, pyjama, pantalon, sac à dos, etc. Chacun donnait son avis. Rouge? mauve? trop grand?  Fou rire pendant les séances d'essayage. Clara et Anne Lise étaient avec nous, les "monos" (Antoine et moi). Ainsi, on était un petit groupe à cheminer en zigzag , de porte à porte. Il faisait bon avec le soleil du matin. Les rues n'était pas encore bruyantes et polluées.
A midi, on s'était donné rendez vous au "Révolution Café" que mon guide Am, nous avait fait découvrir il y a 2 ans. Petit restaurant, dans un patio fleuri avec un sapin et des drapeaux tibétains. Petit jardin au milieu des maisons. On était bien.
Je suis parti avec Anne Lise, entre deux gorgées de San Miguel, faire broder notre drapeau que l'on espère planter au sommet du Khala Pattar. On est allé dans un boutique de tee-shirts et vestes brodés que j'ai connu lors de mon dernier voyage. La patron était la, derrière sa machine à coudre, super accueillant. On avait parlé et il m'avait  montrait trois articles sur  sa boutique et lui dans des journaux français. Il vend et brode des tee-shirts made in Népal et équitables! Alors que des grandes marques népalaises font encore fabriquer à l'étranger, bien que la main d'oeuvre soit peu chère ici. Je lui dit que l'on part demain très tôt mais il me promet de le faire pour dans....30 minutes! Trop fort. Il est trop beau notre drapeau!
On finit notre repas (moi j'ai pris un hamburger-frites...) et nos courses. Ramou a trouvé ses chaussures et Olivier son duvet (Ouf!). Nous sommes attendus à 17h30 à l'hôtel par notre guide et  le reste du groupe.
Il y a Mickael, Eugène, Lyne du Quebééééék et PAF de Paris, Kathy de Annecy et Guy de Chamoniii, notre "prof". Briefing avec notre sur la journée de demain et surtout comment faire 15 kg de bagage au total (total!) quand on est arrivé avec 20 kg et que on vient d'en acheter 5. Ca l'a fait quand même sachant que demain matin, on va s'habiller pour - 20°c, alors qu'il fera sûrement bon voire très bon dans l'aéroport et dans l'avion...
Demain on atterrira à Lukla, vol magnifique et palpitant assuré. On retrouvera nos 7 porteurs, notre sirdar. On se déshabillera et on se re-habillera plus "léger". Première marche, on atteindra le village de ....... (je me souviens plus du nom) après 2h30 de marche.

J'attend le sommeil.....



Miss Mauritius et des Fans






vendredi 21 novembre 2014

J 2 le voyage


  Hier on a retrouvé Clara et Anne Lise a l'aéroport de Maurice. Parties sur un autre avion plus tôt dans la journée elles ont profité d'une journée de plage sous les cocotiers. Leur tenue de "plagiste"  avec savate et grains de sable sur les pieds contrastait avec notre looks déjà typé montagne...
Retrouvailles autours d'une bière ( ou deux...) en attendant l'avion pour Bombay et Ramou. Ramou trop occupé à 
régler son problème de visa "a vie". On a frise l'incident diplomatique! Et surtout le retour précoce a la Reunion du seul Indi de la bande.
  On se connait tous déjà un peu ou beaucoup, soit du boulot, soit de la montagne. Il y a Antoine, Vero, Céline, Olivier, François, Jérôme, Clara, Anne Lise, Ramou et moi. Pour le moment. Pierre Alexandre, dit PAF, nous rejoint à Katmandu samedi avec 2 canadiens, il paraît, et Guy notre "prof" de médecine de très haute altitude et d'expédition. Ah oui, je vous ai pas dit: c'est un diplôme que l'on va passer au pied de l'Everest. Il y a plus prés comme salle de cours et pire aussi..
Après une nuit courte entre Maurice et Mumbai, on a volé vers l'est, j'écris à 9000m d'altitude en direction de Katmandu. Il est 11h15, alors qu'il est 9h45 à la réunion et 6h45 en métropole. C'est la même heure à kathmandu  + 15 mn. Vous me suivez?
  Tous le monde dort ou presque. 
  Je pense que ça va être génial le regard perdu dans les nuages. Du bout de l'aile apparaît alors au loin les première cimes enneigées... L'Everest est la, avec les autres. Dhaulagiri, Annapurna...
  Atterrissage à Katmandu, au rebond. Comme d'habitude on peut dire depuis le début du voyage.
Formalités, achat du visa. Aéroport déjà moins "sophistiqué" mais plus humain. Plafonds bas, brique et bois.
Passage de douane "cool" et la foule du hall à bagage. Tous passés, on est attendu.
Notre chauffeur nous accueille avec un collier de fleur et le "bon et doux" Namasté...
Route vers l'hôtel,circulation rythmée par les klaxons, il en sort de partout. Traversé des faubourgs au terrains vagues, maisons décorées, bidonvilles défile, habités et vivants. Contraste surréaliste avec le découverte de notre palace.
Rencontre avec notre guide Mahindra. demain le reste du groupe nous rejoint.
Et demain on va s'équiper plus chaud, car l'hiver est la. Cela va être magnifique.
J' écris, on  est assis en terrasse avec déjà deux polaires! Tout le monde essaie de se "connecter". Puis les discussions reprennent.  La soirée s'écoule cool :-). avec de la bière "Everest" bien sur!








jeudi 20 novembre 2014

J 1 le départ

Ca y est. Prêt!
Dernière entrecôte au roquefort avant les friandises népalaises et autres subtilités culinaires.
On rejoint presque tous le monde cet après midi à Maurice.
Comme d'hab. je suis à la bourre, à 5 mn du départ.
Alors je ne m'attarde pas mais durant les prochain 22H d'ici Katmandou, j'aurai le temps